Rêve Armoricain



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Rêve Armoricain :L'Article du Jour - Le pain des fées et l'oeil de cristal Le pain des fées et l'oeil de cristal
             Il y avait une fois à Saint-Cast une femme qui n'était pas riche; Un jour une mendiante se présenta à sa porte et lui dit :
             - Charité, s'il vous plaît, ma bonne dame;
             - Ah! ma pauvre femme, répondit-elle; Vous êtes bien mal tombée; il n'y a guère de pain chez nous mais je ne voudrais pas vous refuser et je vais vous en couper un petit morceau.
             - Je vous remercie dit la mendiante; si je vous ai demandé la charité, c' était pour voir si vous aviez bon coeur car je n'ai besoin de rien. Tenez, voici un chanteau de pain que je vous donne; Vous pourrez en couper pour vous et pour vos enfants tant que vous en voudrez, le morceau enlevé repoussera aussitôt et il sera toujours frais; mais si vous en faisiez manger à d'autres personnes, il diminuerait comme un chanteau ordinaire.
           Cette femme était borgne; la mendiante qui était une fée lui mit un oeil de cristal et lui dit:
              - Voici un oeil que je vous donne et qui sera aussi bon que celui que vous avez perdu mais ce que vous verrez par cet oeil là, il ne faudra jamais le dire.
           La fée s'en alla et le femme était bien contente; elle avait beau couper dans le chanteau de la fée, il ne diminuait point et comme elle n'avait pas besoin d'acheter de pain, elle se mit à son aise.

          Un jour une commère vint la voir et lui dit:
                - Tu t'es bien enrichie depuis quelque temps?
                - Oui, répondit-elle sans penser, je suis mieux maintenant que je n'était; veux tu manger un morceau?
                - Oui, dit la commère, avec plaisir.
                - Tiens voila le mien.
          Elle coupa un morceau dans le pain de la fée, mais cette fois, il ne repoussa plus et le chanteau s'en alla comme un chanteau ordinaire. Alors elle se souvint mais trop tard, de ce que la fée lui avait recommandé.
          Un jour qu'elle était allé au marché de Matignon, elle vit par son oeil de cristal une femme qui prenait sur l'étalage des boutiques, tout ce qui lui convenait, et personne ne lui disait rien.
                 - Ah! s'écria étourdiment la femme de Saint-Cast, comment vous laisser ainsi voler à votre nez?
          Mais les marchands avaient beau écarquiller les yeux, ils ne voyaient pas de voleuse; Celle ci, qui était la fée, se retourna vers elle et lui arracha son oeil de cristal en disant:
                 - Tu as fais ce que je t'avais défendu; tu viens de parler de ce que tu voyais par ton oeil de cristal, tu as coupé pour une étrangère un morceau de pain que je t'avais donné; maintenant, tu mourras de faim.
  
        (Source: Fées des houles)

                                                                               
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Publié le 27/10/2008

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